Les pires managers : portrait-robot d'un mauvais patron [2021]

patron horrible

 

Salaire faible, surcharge de travail, heures supplémentaires, collègues agaçants… La majorité des employés a rencontré au moins quelques-uns de ces problèmes de vie professionnelle. Il existe encore un type de difficulté qui donne des sueurs froides : un manager démoniaque. 

 

L’éventail des comportements inacceptables que l’on peut connaître de la part d’un supérieur incompétent est large : moquerie, pression, manque d’appréciation, jusqu’au harcèlement moral. Nous avons décidé de découvrir tout ce qui est à savoir sur les patrons horribles.

 

Pour y arriver, nous avons demandé à 1 010 personnes de nous parler de leurs expériences avec de mauvais managers. Nos questions concernaient la période temps pendant laquelle les sondés ont travaillé avec les mauvais chefs, les raisons pour lesquelles ils n’ont pas quitté leur travail, les effets indésirables de leur coopération avec le supérieur, et les manières dont ils ont essayé de faire face à leurs managers incompétents.

 

Voilà les résultats de notre enquête.

 

Le deuxième cercle de l’enfer : qui est le manager démoniaque ?

 

patron horrible

 

Pour comprendre et battre son ennemi, il faut tout d’abord bien le connaître. C’est pour cela que nous avons commencé par demander aux participants de notre étude de décrire leurs mauvais chefs. 36 % ont été des femmes, 63 % des hommes. Cependant…

 

Plus de 50 % des femmes qui ont participé à l’enquête ont indiqué des femmes comme des mauvaises supérieures. Existe-t-il une explication à ce phénomène ?

 

En effet, selon des études, les représentantes du beau sexe ont tendance à évaluer d’autres femmes de manière hostile. Un rapport publié en 2013 par Gallup, entreprise spécialisée dans les sondages, a montré que 35 % des participants préféraient être subordonnés à un homme. 

 

Cependant, jusqu’à 40 % des femmes ont déclaré qu’elles préféraient avoir un supérieur de sexe opposé. Quand Gallup a mené une étude homologue en 2017, les résultats ont montré que seuls 19 % des hommes préféraient travailler avec un supérieur du sexe masculin, contre 27 % des femmes.

 

Nous savons déjà que la majorité des mauvais managers sont des hommes. Comment ces personnes sont-elles arrivées à exercer cette position au sein de l’entreprise ? Selon 36 % des répondants, leurs managers insupportables avaient été embauchés suite au recrutement interne ou externe ; selon 16 % des enquêtés, le patron était propriétaire de l’établissement ; 13 % des personnes ont répondu qu’elles ne connaissaient pas la réponse à cette question.

 

patron horrible

 

Dans les entreprises avec un effectif de moins de 10 personnes, le mauvais patron était le plus souvent propriétaire de l’établissement (53 %), alors que dans les entreprises accueillant entre 500 et 1 000 salariés, 57 % des managers démoniaques avaient été embauchés par le biais du recrutement externe.

 

Dans ce dernier cas, on pourrait tenter d’expliquer l’inadéquation du profil du manager avec les besoins des salariés par un processus de recrutement inefficace. Selon des études, un bon patron possède des compétences humaines (soft skills), telles que la capacité à communiquer avec les autres. Peut-être les RH embauchant les cadres devraient-ils se concentrer sur les qualités interpersonnelles, et pas seulement sur l’expertise technique des candidats ?

 

L’enfer, c’est les autres. Confronté(e) à un mauvais patron, pourquoi ne pas quitter le travail ?

 

patron horrible

 

C’est facile, n’est-ce pas ? Si notre supérieur ne nous respecte pas, il suffit de changer de travail. Cependant, ce n’est pas si évident que cela… Voyons pendant combien de temps nos répondants ont supporté leurs mauvais managers.

 

Une bonne partie des enquêtés (30 %) ont déclaré avoir travaillé avec un patron horrible pendant quelques mois ; 28 % pendant 1-2 ans, 21 % pendant 3-5 ans, 19 % pendant plus de 5 ans. Curieusement (ou non), parmi les répondants âgés de plus de 60 ans, jusqu’à 33 % ont décidé de continuer à travailler avec le mauvais chef pendant plus de 5 ans, et seuls 7 % ont renoncé au travail après quelques mois.

 

Parmi les enquêtés ayant plus de 20 ans d’expérience à leur actif, jusqu’à 36 % ont travaillé avec un supérieur insupportable pendant plus de 5 ans. En effet, les études confirment que les personnes très expérimentées sont moins susceptibles de changer de travail, en comparaison avec la génération Y. Et cela peut-être en raison du fait que plus de 54 % des Français ne savent pas vers qui se tourner pour trouver de l’accompagnement et faire évoluer leur carrière.

 

Le manque des compétences permettant de changer de profession a été indiqué comme la raison principale de ne pas quitter leur travail par 26 % de nos répondants. Parmi les personnes âgées de plus de 60 ans, ce taux s’élève à 37 %.

 

Mais quelles sont les autres raisons qui font que les salariés continuent à travailler avec un mauvais patron ? Quelque 67 % espéraient que la situation s’améliore ; 67 % avaient besoin d'argent et ne pouvaient pas se permettre le luxe de chercher un nouvel emploi ; 62 % estimaient qu’ils avaient consacré trop d’énergie à ce travail, alors que 61 % aimaient leurs collègues et leur poste.

 

Il est évident que le salaire constitue un élément essentiel de notre vie professionnelle. Il vaut la peine de souligner que 41 % des répondants trouvaient leurs postes comme trop bien payés pour en rechercher de nouveaux.

 

Quelques sondés ont également mentionné la Covid-19 comme la raison pour laquelle ils ont décidé de ne pas changer de travail.

 

Nous savons déjà pendant combien de temps nos répondants ont travaillé avec des boss horribles, et connaissons leurs raisons de ne pas avoir quitté leur travail. Maintenant, vérifions ce qu’ils comprennent par un « mauvais chef ».

 

Le diable n'est pas si noir… Ou l’est-il ?

 

patron horrible

 

Qu’est-ce qui fait un manager démoniaque ? Nous avons demandé à nos répondants d’indiquer les comportements dérangeants qu’ils ont connus de la part de leurs mauvais chefs, et de nous dire ce qu’ils en pensaient. Nous avons également posé la question si ces comportements ont influencé de manière négative leur santé mentale et physique.

 

Voici les comportements dérangeants que les interrogées ont subis de la part de leurs patrons horribles (hommes et femmes) :

 

  • Le chef « avait toujours raison » - 78 %
  • Le chef faisait recours à des comportements impolis et il manquait de respect - 76 %
  • Le chef négligeait les initiatives des employés - 71 %
  • Le chef mentait aux employés - 70 %
  • Le chef manquait de stabilité émotionnelle - 68 %
  • Le chef ignorait les employés - 68 %
  • Le chef a refusé de promouvoir un employé ou d’augmenter son salaire sans expliquer ses raisons - 61 %
  • Le chef a accordé aux employés trop de responsabilités - 61 %

 

Moins de 50 % des répondants ont subi de tels comportements : le patron blâmait les employés pour ses échecs (43 %) ; le patron a menacé les employés (33 %) ; le patron les a exclus ou les a isolés des autres employés (29 %) ; le patron racontait des blagues humiliantes (28 %). La majorité de ces comportements peuvent être qualifiés de violence psychologique ou de harcèlement moral.

 

Nous avons également demandé aux enquêtés de préciser quel était le pire comportement qu’ils aient subi de la part de leur manager. En voici quelques exemples :

  • « Il m’a volé de l’argent »
  • « Il m’a fait virer parce que j’étais tombé malade »
  • « Il m’a dit de faire quelque chose contre ma conscience »
  • « Il a menti au sujet de mon contrat »
  • « Il a négligé un problème de santé que j’éprouvais en raison des conditions de travail »
  • « Il me discriminait en raison de mon jeune âge, et cela de manière évidente »
  • « Il a jeté une assiette dans ma direction »

 

patron horrible

 

Les chiffres ne mentent pas… Avoir un patron horrible est un enfer sur terre. Quelles étaient les émotions que ces comportements ont produites chez nos répondants ?

 

Les réponses ne surprennent pas : 87 % des enquêtés disent qu’ils se sentaient mal quand ils éprouvaient des critiques et un manque de respect de la part de leur chef. Le refus d’une promotion ou d’une augmentation de salaire a eu un effet négatif chez 84 % des personnes concernées ; 83 % des répondants n’ont pas apprécié le fait que le manager les avait critiqués en public. 82 % se sentaient mal en raison des mensonges du chef, 77 % en raison des menaces, et 76 % en raison des potins au bureau.

 

Existe-t-il des comportements qui n’influencent pas le bien-être des employés ? Quelque 17 % n’avaient rien contre travailler avec un chef qui manquait d’humour (36 % n’avaient pas d’opinion à propos). Quant aux chefs qui cachent des secrets aux employés, quelque 35 % n’étaient ni en d’accord ni en désaccord avec un tel comportement, alors que 15 % des sondés ont dit que cela ne les dérangeait pas.

 

Nous avons décidé de poser encore une question, cette fois-ci concernant les effets que le comportement du chef a pu avoir sur la santé mentale et physique des répondants.

 

En ce qui concerne la santé mentale, 73 % ont ressenti de la frustration, 60 % ont eu du mal à se concentrer, 52 % ont éprouvé de l’apathie, 53 % ont souffert de la désorientation, 37 % ont limité les contacts avec leurs proches.

 

Le comportement inapproprié du chef a également influencé la santé physique des enquêtés ; 62 % ont eu de maux de tête, 60 % ont été atteints d’insomnie ou de difficultés d’endormissement, 59 % ont souffert d’une hypertension artérielle, 51 % de problèmes gastriques, 42 % d’un déficit immunitaire, 36 % d’une baisse de libido. Curieusement, la majorité de ces symptômes concernait les femmes, alors que les hommes étaient plus nombreux (39 %) à réduire les contacts avec leurs proches, contre 36 % des femmes.

 

De tels problèmes peuvent avoir de graves conséquences sur notre santé. Selon des études, travailler avec un mauvais patron augmente le risque de subir une crise cardiaque et d’autres maladies cardio-vasculaires.

 

patron horrible

 

Il est donc important de savoir réagir dans le cas où notre manager se comporte de manière inappropriée. Mais est-il possible d’améliorer la situation ?

 

La fuite de l’enfer. Comment faire face à un patron horrible ?

 

Les conséquences de rester dans une relation toxique avec notre supérieur sont graves et peuvent influencer considérablement l’état de notre santé. Qu’est-ce qu’ont fait nos répondants pour se sortir de cette situation difficile ?

 

La majorité des enquêtés (79 %) ont veillé à leur bien-être au travail, ce qui s’est avéré être utile pour 52 % d’entre eux. 76 % ont essayé de travailler en suivant exactement les exigences du chef, ce qui a aidé à 40 % des personnes concernées. 68 % ont décidé d’être assertifs et d’exprimer leurs opinions à voix haute, dont 46 % décrivant cette solution comme étant efficace.

 

60 % des interrogées ont opté pour l’empathie et ont essayé de comprendre les raisons du mauvais comportement du manager (ce qui a aidé 35 % d’entre eux). 60 % ont également répondu qu’ils évitaient le chef autant que possible, dont 49 % considèrent cela comme une bonne idée.

 

Une autre solution consiste à changer de travail. 55 % des répondants ont pris cette décision, et cela a aidé 79 % d’entre eux. Quelque 49 % prenaient des notes de tout ce qu’ils faisaient au bureau, ce qui s’est avéré être efficace pour 54 % d’entre eux.

 

Seuls 34 % des interrogés ont recherché un poste au sein de l’entreprise dans laquelle ils travaillaient à l’époque (une solution jugée efficace par 54 % des interrogés). Les enquêtés étaient les moins nombreux (26 %) à parler du problème avec les RH. Une conversation avec les ressources humaines a pourtant aidé 45 % des personnes concernées.

 

Quelles sont les conclusions ? La solution la plus efficace consiste à trouver un nouvel emploi. Cependant, comme nous l’avons montré précédemment, il existe des personnes qui ne peuvent pas se permettre de changer de travail. 

 

Beaucoup d’interrogés ont montré à leurs chefs qu'ils travaillaient de manière appropriée, ce qui est aussi un bon moyen de confronter un mauvais patron. En même temps, les répondants ont été peu nombreux à chercher de l’aide auprès des RH, malgré le fait que l’un des objectifs de ce service consiste à atténuer les conflits entre les employés.

 

Conclusions

 

Voici les résultats les plus importants de notre sondage sur le sujet des managers démoniaques :

  • Quelque 36 % des chefs dont parlaient les interrogés ont été embauchés en recrutement externe, alors que 33 % étaient propriétaires des entreprises concernées.
  • Parmi les mauvais managers, 63 % sont des hommes, 36 % des femmes.
  • Selon les enquêtés, les comportements des managers les plus dérangeants comprennent : le manque de respect envers les employés, le refus d’une augmentation de salaire ou d’une promotion sans explication, le fait de critiquer l’employé en public, et de mentir.
  • Les problèmes de santé mentale et physique les plus communs parmi nos interrogés ont été les suivants : frustration (78 %), maux de tête (62 %), problèmes de concentration (60 %), insomnie (60 %), hypertension artérielle (59 %).

 

Ces résultats sont inquiétants, d’autant plus que le nombre des personnes atteintes de mauvais comportement de leur chef est vraiment élevé. Heureusement, il existe des astuces qui peuvent vous aider à vous sortir d’une telle situation. Avant de chercher à résoudre le problème par voie légale, essayez de parler avec votre supérieur. Des études montrent qu’une confrontation directe avec le chef a des conséquences positives sur le bien-être des employés.

 

Si cela ne change pas le comportement du manager, cherchez de l’aide auprès des RH (si un tel service existe dans votre entreprise) ou auprès du supérieur hiérarchique de votre chef. Vous pouvez également vous adresser aux organes de l'inspection du travail ou recourir à la voie judiciaire si le comportement de votre patron peut être qualifié de harcèlement moral.

 

Méthodologie

 

1 010 personnes ont participé à notre sondage, dont 50 % de femmes et 47 % d’hommes. Les autres interrogés ont décrit leur sexe comme « autre ». Les participants ont répondu à 15 questions : 14 questions fermées et 1 question ouverte.

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La rédaction de LiveCareer
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